Bilan de la saison Espoirs 2016/2017

04 août
Bilan de la saison Espoirs 2016/2017

A l'heure où ils reprennent le chemin de l'entraînement, retour sur la saison passée des Espoirs avec leur entraîneur, Philippe Gauran.


Quel regard portes-tu sur la saison passée ?

Avant tout, nous avons une belle satisfaction. C'est le nombre de joueurs qui ont évolué avec les pros et qui ont fait le taf. Car au-delà du nombre, c'est leur comportement, la façon qu'ils ont eu de s'installer durablement au sein de l'effectif professionnel.
Notre métier, c'est de former les meilleurs, en faire les joueurs pros de demain. On veut les faire aller chez les pros et qu'ils s'y installent. De ce point de vue, la saison est réussie.
De manière général, tout le groupe a fait le boulot, aussi bien individuellement que collectivement.
A côté de ça, il y a la déception du barrage contre Castres. La déception sportive bien sûr, celle d'être éliminés. Nous sommes des compétiteurs. Mais avant tout, c'est le contenu du match qui a été décevant. On n'a pas su mettre la hargne, la rage qu'il fallait. Alors que c'est à ce moment de la saison qu'on doit être au top. Nous, on ne l'a pas été. Alors que tout au long de la saison, les gars ont répondu présents. Ils ne terminent pas 3èmes de la phase régulière par hasard.


Justement, sur ce 1/4 finale, est-ce que l'absence de quelques joueurs qui étaient avec le groupe pro a été préjudiciable ?

Non, ça n'a pas pesé. Déjà parce que la plupart de ces joueurs ont été absents du groupe Espoirs toute la saison, ou presque. Ensuite, quelques-uns sont redescendus quelques jours avant le match en Espoirs. Même si le temps de préparation avec eux était très court, les causes de la défaite sont ailleurs. Comme je l'ai déjà dit, c'est le contenu en lui-même qui n'a pas été bon. On a manqué de hargne, de volonté.
On va pouvoir se servir de cette défaite pour travailler cette saison, c'est une remise en question de notre travail. Nous devons faire en sorte d'éviter ce genre de désillusion.


Sur quoi a été axé le travail des Espoirs ?

Chaque joueur a ses objectifs en début de saison, des objectifs individuels, personnels. Le travail est toujours le même, ou presque. Nous voulons faire progresser les joueurs individuellement, avec un travail au poste. Ils fournissent un énorme travail technique individuel. Pour le travail collectif, on les fait travailler sur des projets de jeux similaires aux pros, pour qu'ils comprennent encore plus vite, qu'ils s'intègrent encore plus vite lorsqu'ils iront avec les pros. La volonté est de les faire aller de plus en plus loin.
Un gros travail de responsabilisation est également demandé, mais il faut aussi les cadrer. Ils sont encore jeunes. Les joueurs sont aussi aidés par l'intervention régulière du staff des pros, sur des phases de jeu précises, comme avec Didier Bès sur la mêlée.


Concernant les jeunes qui n'évoluent pas avec les pros, ni en match ni à l'entraînement, existe-il une forme de frustration, qu'il faut éventuellement gérer ?

Ca rejoint un peu la façon de travailler. Les jeunes fournissent un travail en autonomie, pour se responsabiliser. Ca sert aussi à progresser, gérer cette éventuelle frustration. Le jeune doit être capable de comprendre de lui-même pourquoi untel est avec les pros et pas lui.
Notre fonctionnement est simple. C'est aux joueurs de faire la démarche d'en parler. nous on trouvera les mots pour lui expliquer, l'aider à crever l'abcès si besoin, mettre en place ce qu'il faut. On anticipera si on sent une tension particulière.
Et puis 2 ou 3 fois dans l'année, il y a les entretiens individuels. On fait le point sur la progression du joueur, aussi bien sportive que dans son comportement. Le fait qu'il soit avec les pros ou non est aussi abordé, expliqué avec lui. On veut que le joueur arrive à comprendre par lui-même pourquoi il n'est pas retenu. Et s'il est retenu, qu'il comprenne que ce n'est pas acquis définitivement.


La formule du championnat change cette année. Est-ce que ça va dans le bon sens ?

Clairement oui. On était arrivé à un point où certains joueurs faisaient une quarantaine de matches dans la saison. Entre le championnat Espoirs, les doublons Top14, le Tournoi des VI Nations, la Coupe du Monde. C'était insensé et une aberration. Avec autant de matches, les jeunes ne progressent pas.
Là, on n'aura plus de doublons. Ca aura 2 effets importants. On va supprimer quelques matches qui ne servent à rien, ceux où on passe 50 points à l'adversaire sans en prendre. Personne n'apprend rien, ni ne progresse. Ni le vainqueur, ni le vaincu. Les oppositions seront plus intéressantes.
Ensuite, on pourra mieux cibler les effectifs. Jusqu'à cette année, il fallait un groupe de 55 à 60 joueurs. Parce qu'il y avait justement les doublons, les gars appelés avec les pros. Mais aussi faire tourner les effectifs pour voir tout le monde, gérer les blessures, la régénération, etc…
Comme on aura des vrais périodes de non match, le travail individuel et collectif sera plus intéressant. On pourra faire pas mal de choses qui ne peuvent pas être faites en périodes de matches.
Cette évolution du championnat va dans le bon sens. On pourra bien mieux planifier le travail, aussi bien physiquement, qu'individuellement et collectivement.


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