​Farida El Hadrati, derrière un large et beau sourire, la foudre

16 mar.
​Farida El Hadrati, derrière un large et beau sourire, la foudre

Lorsqu’on regarde travailler Farida, durant une séance au sac de frappe, on n’a aucune envie de prendre la place ni du sac ni de ses adversaires. Elle allie, sur le ring, technique, vitesse, puissance et rage de vaincre. Farida est faite pour la boxe. Et pourtant, adolescente, elle pratique le basket et ne se voit pas ailleurs. Elle aura peut-être gardé du basket le positionnement et la vitesse de déplacement face à l’adversaire, ainsi que la précision du geste au tir.
Ce n’est qu’à 17 ans qu’une amie l’emmène avec elle à la découverte de la boxe française, à Saint-Flour (15). Ce n’est pas le coup de foudre avec cette discipline, mais sa copine insiste pour qu’elle l’accompagne à nouveau. L’entraineur voit rapidement qu’elle a des dispositions pour la boxe, alliant qualités physiques et mentales. Farida n’est pas une fille à faire les choses à moitié. Aussi, lorsqu’elle décide de faire de la boxe française, ce n’est pas juste pour s’amuser mais, bien, pour gagner. Elle s’entraîne dur pour participer aux championnats de France Espoir. Elle s’empare du titre en 2000, à l’âge de 19 ans. Ce premier titre n’est que le début d’une brillante carrière. L’année suivante, elle s’inscrit en STAPS à Clermont-Ferrand (63) et rejoint le Club de boxe française du stade Philippe-Marcombes où elle va rester 5 ans. Elle monte en élite pour des combats sans protection et, au début, sans enjeu. Elle progresse très vite. En 2002, son entraîneur l’engage en championnat de France où elle conquiert le titre brillamment. Elle poursuit son ascension jusqu’au titre mondial de 2005 qu’elle obtient par KO, à la deuxième reprise, face à une croate. Farida est venue à l’ASM Omnisports pour perfectionner sa technique de frappe aux poings dans le cadre de la boxe française. Elle prend goût à la boxe anglaise et souhaite mener de front les deux disciplines. Son entraîneur de boxe française de l’époque ne souhaitait pas qu’il y ait de partage d’entraînement. Farida n’est pas fille à se laisser dicter sa vie. Donc, elle choisit la boxe anglaise avec Tony Maulus qui a vu en elle l’étoffe d’une championne. Elle travaille d’arrache-pied pour acquérir les bonnes postures en boxe anglaise, très différentes de la boxe française notamment au niveau de la tête. Ses titres en boxe française lui ouvrent, en 2006, les portes du championnat de France amateur. Elle connait un huitième de finale serré et au finish qu’elle remporte 25/24. Après un quart très physique, elle sort en demie la championne du titre. La finale n’est qu’une simple formalité sur arrêt de l’arbitre à la deuxième reprise. En 2007 et 2008, elle perd en finale du championnat de France. Francky Lesage, alors entraîneur de l’équipe nationale, lui fait confiance et l’intègre à l’Equipe de France. En 2008, elle conquiert le titre de championne d’Europe. Elle participe aux tournées de l’équipe de France en Europe et fait beaucoup de combats qui lui permettent de s’aguerrir (2007 et 2008 double médaille d’or de l’Union Européenne). En 2009, avec le nouvel entraîneur de l’équipe de France, elle participe aux championnats européens. Elle échoue dans la conquête du titre européen, face à la tenante, la turque Gulsum Tatar, pour seulement 2 touches d’écart à la machine à scorer. Elle est très satisfaite de son parcours. Tony Maulus souhaite qu’elle passe professionnelle. Mais Farida en décide autrement et choisit de devenir maman, une première fois en 2010 et une seconde, en 2012. Elle va prendre 38 kg lors de ses 2 grossesses et sa sœur la taquine en la comparant «à un tonneau». Ce qui la vexe un peu. Elle revient donc à la salle de boxe, «mais juste pour le plaisir et perdre du poids», dit-elle. Le poids descend très vite et elle retrouve la «niaque». L’envie de remettre les gants est la plus forte. Elle passe pro et fait 3 combats en 2013 qu’elle remporte, dont deux avant la limite. Le 28 mars 2014, elle s’attaque au titre de championne de France, catégorie super-léger. Le combat ne dure qu’un peu plus de 3 minutes. Arrêt de l’arbitre à la deuxième reprise après une droite foudroyante de Farida au visage de son adversaire, Cindy Bonhiver. Dans la foulée, elle combat pour le titre de championne intercontinentale WBFI, combat prévu en 10 reprises de 2 minutes. Elle bat la bulgare Kremena Petkova aux points, à l’unanimité des juges. La réforme des rythmes scolaires va lui permettre d’être titularisée à la ville de Clermont-Ferrand en tant que référente éducative. Elle a en charge la mise en place et la coordination d’activités périscolaires dans les écoles primaires ainsi que, lors des vacances, d’animations, dans des centres de loisirs et d’activités éducatives. Cette titularisation lui libère l’esprit d’un point de vue matériel et lui permet, sur son temps libre, de se consacrer à la boxe en toute sérénité. Le 5 décembre 2014, elle affronte, Sabrina Giuliani, la championne en titre EBU. Farida remporte le combat aux points, à l’unanimité des juges, en dominant son adversaire durant les 10 reprises. Avant de s’attaquer au titre mondial, son objectif majeur, elle remettra son titre en jeu le 20 mars 2015, face à une boxeuse hongroise. Dalia Vasarhelyi, alias Black Dahlia, est une droitière, née le 26 février 1993 à BUDAPEST, entraînée par Tibor Feja. Elle a un palmarès de 17 combats avec 10 victoires dont 2 par KO. Boxeuse jeune mais avec une grande expérience internationale, elle a livré des combats dans plusieurs pays d'Europe (Allemagne, Belgique, Slovaquie) ainsi qu’en Amérique du Sud .

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