Merci Clémence, à très bientôt

18 avr.
Merci Clémence, à très bientôt

Après six mois de stage alterné au sein de la Section Rugby, j'écris un article pour la dernière fois.


Mais aujourd'hui, il est un peu différent puisque je ne vais pas parler de programme de week-end, de résultats sportifs ou de la vie du club, mais aujourd'hui je vais remercier l'ensemble de la Section Rugby et de l'ASM Omnisports en général pour leur accueil. Merci à Xavier Labaune, directeur de l'ASM Omnisports, Gérard Bertin, président de la Section Rugby et Bertrand Rioux, directeur du Centre de Formation de m'avoir accueillie. Je tiens particulièrement à remercier mon tuteur, Jean Becker, également bénévole à la communication pour son dévouement et l'expérience qu'il m'a transmise. Merci également à l'ensemble de la commission partenariat et communication et à l'ensemble des salariés, dirigeants et bénévoles de la Section Rugby et de l'Omnisports en général.

Ces six mois de stage m'auront permis de développer et d'accroître certaines compétences comme l'autonomie, la syntaxe, l'assurance, la curiosité et la proactivité. Six mois durant lesquels j'ai découvert le fonctionnement d'une section au sein d'un club à mi-chemin entre l'entreprise et le monde amateur, où salariés et bénévoles travaillent conjointement à la réussite d'un projet commun. Dès le plus jeune âge, les entraînements s'axent sur le développement d'un athlète complet. Le plan de formation est respecté de l'École de Rugby aux Espoirs. Ici, tout est mis en place pour que les jeunes réussissent sur le plan sportif et le plan scolaire. J'ai remarqué des salariés, dirigeants et bénévoles s'activant au quotidien pour le bien-être et la réalisation des joueurs. Les jeunes rugbymen ont ainsi je pense, toutes les cartes en main pour leur avenir, pour progresser individuellement, collectivement et devenir les champions de demain.

J'avais des missions récurrentes, notamment comme la rédaction d'articles sur les programmes des week-ends et le partage des résultats de l'École de Rugby sur la page Facebook. Je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de voir jouer les équipes puisque les week-ends, je suis moi-même joueuse et arbitre de rugby. Cependant, au travers du discours des entraîneurs, dirigeants et bénévoles j'ai eu l'impression de bien connaître ces équipes. Connaissant leurs points forts, leurs points plus sensibles et leurs axes d'amélioration. Je connaissais les joueurs de chaque équipe sans pour autant les avoir déjà tous rencontrés physiquement. C'est assez amusant.

Durant ce stage, j'ai pris la mesure du fonctionnement d'un club omnisports où plusieurs sections avec des niveaux de compétitions différents évoluent chacune de leur côté. Ces sections doivent, je pense, encore plus travailler ensemble pour se faire grandir les unes et les autres, ce qui contribuera à faire grandir l'Omnisports de manière globale. A titre d'exemple, avant que le confinement ne soit prononcé, une réunion devait avoir lieu avec l'ensemble des responsables communication de toutes les sections et nous devions avec Jean, présenter le fonctionnement de la communication au sein de la Section Rugby. Non pas qu'il soit parfait et applicable à la lettre aux autres sections, cela peut cependant donner un nouvel éclairage. Beaucoup d'acteurs dans les diverses sections sont bénévoles et ils n'ont pas tous des compétences dans certains domaines, mais en s'entraidant on trouve toujours les solutions.

Déjà fortement impliquée dans l'univers du rugby, puisque je suis joueuse de rugby depuis 9 ans et arbitre depuis 7 ans, officiant sur des rencontres tant masculines que féminines, ce stage m'aura permis d'enrichir davantage mes connaissances dans ce milieu. Ce sport a beaucoup évolué en quelques années, deux décennies, peut-être un peu plus. Toujours est-il que depuis que le rugby est devenu professionnel, que les enjeux financiers et médiatiques sont apparus, le jeu a évolué. Les évolutions morphologiques des joueurs, les modifications de règlement en faveur du jeu l'ont rendu plus rapide, plus spectaculaire et peut-être plus dangereux, mais ce n'est que mon avis. Chaque fédération, chaque club a cherché à devenir plus performant dans une sorte de course à "l'armement". Bon nombre d'innovations techniques et technologiques sont apparues. L'innovation a toujours été au cœur des préoccupations de l'ASM. Ils ont notamment créé, en partenariat avec le Clermont Foot, le premier centre d'entraînement partagé. Un lieu unique et très approprié dans la formation des futurs joueurs professionnels, selon moi.

Cette saison, le championnat battait son plein, les résultats des équipes jeunes étaient au rendez-vous et plusieurs d'entre-elles étaient aux portes des phases finales. Mais voilà, un événement inédit, imprévu est venu mettre le monde du sport et du rugby à l'arrêt. La Fédération Française de Rugby a décidé de clôturer la saison des équipes amateurs au 15 mars. Une saison au goût d'inachevé pour beaucoup, plus de matches, pas de phases finales, pas de champions de France, la saison est belle et bien terminée. Dans ces moments-là, c'est la santé qui prime sur le sport et sur le rugby. Beaucoup de joueurs sont ainsi rentrés dans leurs familles sans terminer leur saison et sans dire au revoir à leurs copains. Mais très vite, les staffs se sont organisés, proposant des programmes de préparation physique adaptés aux besoins et possibilités de chaque joueur. Les entraîneurs ont pris le temps d'appeler un par un chaque joueur pour prendre de leur nouvelle, très belle initiative je trouve. N'oublions pas que l'une des valeurs du rugby est la solidarité.

Chacun tirera les enseignements qu'il voudra de cette situation, mais nous en sortirons tous différents. Pour les clubs, notamment professionnels, cela sera peut-être l'occasion de repenser leurs modes de financement, très dépendant de la billetterie et des droits télévisuels. Et, contrairement à d'autres secteurs économiques ou entreprises, les clubs professionnels ne disposent ni de trésorerie, ni de réserves. Les budgets sont établis d'une année sur l'autre et couvrent les frais de la saison uniquement. Une chose est sûre, cette crise aura fragilisé de nombreux acteurs économiques français et mondiaux. L'industrie du sport fait partie je pense d'un des secteurs les plus affectés. Mais je ne doute pas de l'intelligence et l'ingéniosité des dirigeants de chaque club pour sortir de la crise. Ils sauront identifier les leviers nécessaires pour éviter le dépôt de bilan et surtout un effet domino sur l'écosystème du sport.



Texte : Clémence Cornut / ASM Omnisports Rugby
Photo : Archives personnelles Clémence Cornut





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