Retour sur la saison réussie des Espoirs

31 juil.
Retour sur la saison réussie des Espoirs

A l'heure de la reprise pour les Espoirs, retour sur leur saison 2017-2018 avec Philippe Gauran.


Les Espoirs sont l'anti-chambre, pour les meilleurs, du rugby professionnel. Si la saison est une réussite, Philippe Gauran l'attribue à 3 éléments principalement.
Le métier premier des entraîneurs, en Espoirs ainsi qu'en Cadets et en Crabos, c'est de former les meilleurs joueurs possible. Alors "ces 21 Espoirs qui ont évolué avec les pros, c'est le principal motif de satisfaction." D'autant plus que le retour sur les joueurs est plus que positif. Ensuite, "le titre de Champion de France bien sûr, surtout avec un groupe si jeune". Et enfin, c'est la prise de marques de ce nouveau Centre de Formation, partagé avec le Clermont Foot. "Franchement, avec ce centre on a des conditions de travail idéales".
Pour autant, Philippe refuse de parler de saison parfaite. Parce qu'il a manqué de réussite, de résultats avec les pros, les Cadets et les Crabos. "La perfection, elle est dans le résultat, l'aboutissement."

Dès que c'est possible, les meilleurs éléments sont envoyés avec les pros. Les jeunes montent dans deux cas de figure.?
Les blessures dans le groupe pro. Xavier Sadourny propose à Franck Azéma, en accord avec le staff Espoirs, le jeune joueur qui aura les compétences, les capacités pour compléter le groupe pro. Et s'il assimile bien le plan de jeu, qu'il est performant à l'entraînement, alors il aura sa chance en match.
L'autre cas de figure, ce sont les entraîneurs, avec Xavier Sadourny, qui proposent au staff des pros un ou plusieurs joueurs Espoirs, qu'ils jugent aptes à évoluer chez les pros. Dans les deux cas de figure, le joueur sait pourquoi et combien de temps il va chez les pros. Les règles de fonctionnement sont clairement établies.
De ce fait, il y a deux conséquences importantes. La gestion des joueurs lorsqu'ils reviennent est facilitée. Ils ont cette sensation de devoir accompli, ils savent ce qu'ils ont à faire pour retourner chez les pros. Et surtout, ils peuvent partager leur expérience avec ceux qui ne sont pas montés avec les pros. Ils les accompagnent, les guident. Un peu à la manière dont ils ont été guidés par les "anciens" chez les pros. "La notion de transmission et de partage est importante."
L'autre conséquence, c'est que l'ensemble du groupe gagne en expérience, en maturité. Le jeune qui va avec les pros touche le très haut niveau de très très près, il engrange une expérience qui sera cruciale sur les matches importants, couperets. Les autres joueurs, ils bénéficient du coup, de temps de jeu supplémentaire, ils peuvent encore plus travailler, et engranger cette expérience nécessaire. Cette expérience qui s'avérera primordiale en fin de saison, lors des phases finales.

Autant ces joueurs qui reviennent du groupe pro deviennent de formidables relais et guides sur le terrain, autant il est inutile de faire revenir en Espoirs des joueurs comme Damian Penaud, Judicaël Cancoriet ou encore Alivereti Raka. Parce que même s'ils ont encore le statut Espoirs, ils sont déjà pros dans leur façon de travailler, de jouer. Ils ont même l'expérience internationale. Alors ça ne leur apportera rien. Il est même probable qu'ils n'arrivent pas à trouver le liant nécessaire avec le reste de l'équipe Espoirs et qu'au final, ça nuise à l'équipe. "L'équipe Espoirs ce n'est pas une vitrine."

Le titre de Champion de France est le fruit de plusieurs choses. Déjà, il fallait finir dans les 2 premiers, dans une poule de 10. "Ca demande de la régularité dans le travail, l'engagement. En ça, il n'y a pas eu réellement de match où les joueurs sont complètement passé au travers." Le groupe s'est investi, une vraie solidarité s'est nouée au sein du groupe. Philippe Gauran estime que cette solidarité, ce phénomène de groupe a 4 grands causes :
- Le nouveau Centre de Formation. "Clairement, c'est devenu très vite le lieu de vie des joueurs. Une grande cohésion y est née."
- La façon de travailler. Le staff se remet en question en permanence "qu'est-ce qu'on peut améliorer et comment mieux travailler qu'avant ?"
- Le projet de jeu. Les joueurs se le sont très vite approprié.
- La responsabilisation des joueurs. Les entraîneurs posent un cadre et les joueurs évoluent dedans. "On a pu les laisser gérer par exemple, la vidéo. En partie."
Tout ceci a fait que les joueurs, en phase finale, ont pu se prendre en main. "Ils avaient confiance et nous, entraîneurs et staff, on leur a donné les moyens d'y arriver."

Ce titre, les joueurs sont allés le chercher. Mais il a fallu passer par des moments délicats. Le déplacement à Carcassonne (défaite 32 à 29). "La conquête et la pré-conquête ont été mauvaises. Partout. Mais bizarrement, dans le jeu, ils ont été bons. Ce match a été très frustrant". La défaite au Michelin, face à La Rochelle (39 à 42) a marqué les esprits également. "On sortait d'une longue période sans match, des joueurs revenaient, on ne les avait pas vu depuis un moment. On a probablement mal préparé ce match face à une belle équipe Rochelaise. On s'est mis une pression inconsciemment. En 1ère mi-temps, on subit, on ne maîtrise rien. Avec 30 points de retard, on joue la 2e mi-temps libéré, parce qu'on n'a plus rien à perdre."

Cette nouvelle saison marque aussi un changement important dans le fonctionnement de l'équipe. Sam Cherouk a pris à temps complet l'Equipe de France Féminine de rugby. C'est Adel Fellah qui le remplace. "Adel, je ne le connaissais pas avant. Bertrand Rioux et Xavier Sadourny se sont occupés du recrutement. Ils nous ont demandé, au staff, de le rencontrer, discuter avec lui, comme avec les autres candidats qui tenaient la corde."
Dans le fonctionnement de l'équipe, Xavier Sadourny fixe les lignes directrices. Le staff, les entraîneurs mettent en place les moyens d'y arriver. Pour Philippe Gauran, "le plus difficile sera pour Adel, parce qu'il devra s'approprier un club, son histoire, sa culture, une façon de travailler. Pour nous 2, on va apprendre rapidement à trouver nos automatismes. Je ne me fais aucun souci".

Philippe attend d'Adel qu'il apporte son regard extérieur, par des échanges permanents. Qu'il sache prendre des libertés dans le cadre imposé. Mais le plus important, "c'est qu'il soit bien, se sente bien, pour progresser tous ensemble".


Photo : Renaud Baldassin

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